|
Eros
Trois livres de poésie, on vit avec et on choisit des vers. On se laisse porter; on tresse alors les œuvres pour composer un tout nouveau poème.
Les couleurs sales de son baiser viennent d’étrangler mon sang voyeur, son cœur jacasseur
Les coups de reins ouvrent la trappe avec une force d’acier
On comprend qu’il y a de l’or qui règne sous la peau et une vague violente qui n’espérait que ça
E. E.Cummings(1894-1962)! Toute l’Amérique et toute la poésie! Ou, pour le moins, une belle bouffée d’air frais dans l’assemblage de formes classiques et de forces dévastatrices.
Quoi? Le sexe, l’amour forcé, une violence ordinaire? On n’ose imaginer. «Obole», risque Blandine Merle (néeen1981), comme si cette jeune poète, touchée dans sa chair même, savait déjà le prix des mots, voulait sauver ce qui peut l’être.
Ciel bleu, soif des sommets, célébration de l’amour passion avec André Velter (né en 1945). L’énergie du désespoir dans son lyrisme apprivoisé. L’esprit s’élève, le verbe poursuit sa quête… Le calme ressemble à la tempête.
Erotiques, d’E. E.Cummings, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Demarcq, Seghers, 154 p., 17,25€.
Par obole, de Blandine Merle, Cheyne, 64p., 15€.
Avec un peu plus de ciel, d’André Velter, Gallimard, 80p., 10€
|